Posté par Tao 9 août 2008

La saison n’est pas encore terminée mais déjà Sleeper cell prend le risque de bousculer sa propre dynamique. En cause, la mort de l’agent Fuller. Les rapports entre Darwyn et Serxner sont très différent d’autant plus qu’il s’agit d’une femme. Serxner (interprétée par La Penny de Lost, Sonya Walger) resserre les vis et elle a bien raison à ce moment crucial où l’enquête touche à son terme et devient de plus en plus dangereuse. C’était même amusant de voir Darwyn continue à voir son contact dans un sex shop. Ce n’est pas vraiment l’endroit idéal pour une femme aussi classe que le nouvel agent. Mais sa sensibilité toute féminine lui permet par contre de mieux comprendre les signes d’attachements de Gayle pour Darwyn. Comme prévu la police de Los Angeles met son nez dans cette histoire grâce à Gayle et comme dans FBI portés disparus, on présente les flics locaux comme des abrutis incompétents face au grands agents fédéraux intelligents. Et ils risquent de faire foirer l’opération que l’on suit depuis le début de la série. Cela met Darwyn doublement en danger car d’un côté Farik pense qu’il a commis une erreur avec sa putain chrétienne et de l’autre il pourrait découvrir qui il est vraiment. Mais Darwyn tel Jack Bauer arrive à encaisser les coups de la matraque électrique. Un geste dur de Farik qui ne laisse pas Tommy indifférent pour qui Darwyn est devenu un ami. Serxner et Farik sont au moins d’accord sur un point, Darwyn s’est clairement compromis en sortant avec Gayle, ce qui entraînera leur rupture forcée en fin d’épisode. Cela vaut sans doute mieux pour sa propre sécurité. De façon un peu plus humoristique, le flic un peu trop zélé reçoit une promotion mais fort fort loin des USA pour ne pas compromettre définitivement la mission. Le jeu de la double enquête était d’ailleurs très intéressant car finalement cela renforce la couverture de Darwyn. A aucun moment la police de L.A ne s’est doutée qu’il s’agissait d’un agent infiltré.

Après les liens avec le Mexique et le Canada, on nous montre les liens des terroristes avec un groupuscule de la suprématie blanche. Leurs objectifs sont opposés mais ils se retrouvent au moins sur un point, celui de vouloir voir chuter les gros bonnets de Washington. Comme quoi les contraires peuvent parfois s’attirer et surtout l’argent n’a d’odeur. De façon à peine ironique, Farik leur souhaite même bonne chance une fois le deal de la drogue conclu. Cela permet au groupe terroriste de continuer à mettre en place son futur attentat à l’arme chimique grâce à un camion de pompier flambant neuf plus vrai que nature. On pourrait même parler d’un triple attentat car deux autres cellules sont actives dans le pays. Ce sera certainement l’un des autres enjeux des deux derniers épisodes car si Darwyn peut empêcher l’attentat de Los Angeles rien ne dit que ceux de la côte est échoueront eux aussi.

Un épisode moins centré sur la religion et davantage sur l’action. ça permet de mieux équilibrer l’ensemble. On sent que la fin de saison arrive non seulement avec le projet d’attentat qui se met en place mais surtout parce que Darwyn prend de plus en plus de risque. Tout devient davantage personnel pour lui, tout aussi bien sur le plan humain que sur celui de sa foi. Cela l’amène à commettre pas mal d’erreur notamment en assistant aux funérailles de Ray. Si les flics de Los Angeles sont au courant, Farik pourrait l’être également. Encore plus quand Darwyn parle à ses compagnons de martyr qu’il a perdu récemment un ami cher à ses yeux. Christian se demandant d’ailleurs si c’était un moudjahidine. On sent que tout peut arriver, un peu le calme avant la tempête. Et c’est ce qu’a toujours été Sleeper cell jusqu’à présent. Une série très feutrée, relativement calme nous, montrant souvent avec quelle facilité des terroristes peuvent préparer des attentats toute liberté tout en responsabilisant les USA sur leur comportement qui entraîne encore plus de haine et de violence à leur égard.

Posté par Tao 24 juil 2008

L’histoire s’accélère. Elle n’était pas pour autant au ralenti mais là on avance vraiment beaucoup. Darwyn prend de plus en plus à cœur sa mission et il commence à faire des erreurs. Ainsi un jeune afghan dont parle le titre, arrive à l’entrepôt et Darwyn le prend sous son aile et tente de l’aider car il comprend que le gouvernement américain a clairement merdé. La série utilise intelligemment cette intrigue pour critiquer la prison de Guantanamo remplie d’innocents et par la même occasion le gouvernement américain qui s’enfonce dans une chasse aux sorcières anti musulmans, là où cette guerre devrait être anti islamiste. Le jeune Khasul est vraiment touchant quand il raconte son parcours. Simple fils de paysan afghan, sa famille a été dénoncée par un voisin jaloux et il a été amené à Guantanamo où il a subi torture et interrogatoire avant d’être jeté quand on a compris qu’on ne tirait rien de lui. Ayant forcément tout perdu, il a été une proie facile pour les Talibans qui l’ont endoctriné et envoyé aux USA. Bref un garçon qui n’a jamais eu de chance et c’est pour cela que Darwyn essaye de le sauver. Il lui redonne le goût de vivre, lui explique à quoi doit vraiment servir le Coran et il essaye de le renvoyer en Afghanistan avant qu’il ne tourne mal aux USA. C’est en quelque sorte, une désobéissance citoyenne car le gouvernement ne peut clairement pas l’aider étant lui même en faute depuis le début. Le coup de théâtre de la mort de Ray provoquée par Khasul est surprenant. On ne s’y attend pas du tout, James Legros étant d’ailleurs au générique. L’intrigue nous permet d’en savoir un peu plus sur Darwyn et sa liaison passée avec une certaine Michelle travaillant pour Condolezza Rice. Ceux ci ont apparemment rompu pour une question de religion. Comme pour nous rappeler que islam et islamiste ne sont pas forcément très différents sur certains points. La série continue donc de nuancer son discours sans idéalisation forcée. La mission de Darwyn devient de plus en plus dangereuse et il joue plus que jamais sur le fil du rasoir. D’autant plus que le grand soir est pour bientôt.

Pour cela, Farik se rend à Las Vegas où il rencontre deux autres chefs de cellules dormantes terroristes afin de planifier des attentats simultanés. Cela fait assez peur de la façon dont cette rencontre est si simplement mis en place sans qu’elle éveille les soupçons du personnel de l’hôtel par exemple. On continue également d’exploiter le paradoxe entre leur foi religieuse fanatique et leur comportement avec des prostituées. Farik par contre reste à sa place et domine ses propres pulsions, ce qui le rend sans doute encore plus inquiétant.

Christian a lui ses propres problèmes, sa femme en France demandant le divorce. Paradoxe là aussi car si l’islam interdit l’alcool, ça n’empêche pas Christian de se bourrer la gueule, quitte à compromettre à un moment la mission. Peu à peu celle ci prend forme avec le camion relooké en véhicule d’urgence, cela permettra à la cellule d’accomplir son objectif le moment venu. Chacun ayant une partie du travail à effectuer. On divise tout pour éloigner le plus les soupçons.

Mais comme prévu, Gayle commence à se poser des questions sur Darwyn et ses absences. On ressort intelligemment la disparition de Bobby dont le cousin arrivé d’Egypte recherche sa trace. Gayle commence petit à petit à comprendre ce que fait Darwyn et elle réagit finalement de façon intelligente en allant voir la police afin de dénoncer son petit ami, terroriste potentiel. Mais cela est doublement dangereux. De 1) elle compromet les attentats et cela risque de se retourner contre elle et de 2) elle risque de compromettre la mission fédérale et ainsi de mettre Darwyn en danger. Entre temps, ça ne l’empêche pas d’être une vilaine fille en se faisant sauter par un moche barbu à l’arrière de sa camionnette.

Je continue d’être impressionné par cette série. Chaque épisode apporte sa pierre à l’édifice et nous montre une nouvelle facette des personnages et de l’histoire tout en ayant un aspect pédagogique non artificiel et vraiment très intelligent. Comme quoi les séries télés ce ne sont pas que du fast food télévisuels façon Experts comme certains peuvent le croire.

Posté par Tao 10 juil 2008

Sleeper cell continue de m’impressionner car au fond je n’étais pas certain d’aimer d’après le pitch de départ et une fois de plus c’est une excellente découverte. Un épisode un peu plus atypique centré sur la famille avec une première guest star connue des fans de série. Je parle bien sûr d’Ally Walker que l’on avait pu voir dans Profiler mais aussi la très controversée “ Tell me you love me ”. On fait ainsi la connaissance avec la mère de Tommy. Je la trouve un peu trop jeune pour jouer le rôle d’une mère d’un homme dans la vingtaine mais ça renforce le côté bohème et esprit libre de ce professeur d’histoire du Moyen Age. On peut d’ailleurs se demander si Tommy n’est pas tombé dans l’Islam radical par pur esprit de contrariété avec les idées de sa mère. C’est d’ailleurs très drôle de voir Lynn si fière de son fils musulman dans une société islamophobe. Ça serait presque le dernier signe du snobisme intello. Par contre dès qu’on la voit arriver au bowling et rencontrer Christian on sait comme cela va se finir. Comme le dit si bien Farik, le français ne peut s’empêcher de fourrer sa queue n’importe où. Et plus amusant encore, il ne peut s’empêcher de s’en vanter. Dommage pour Lynn, son fils n’assiste pas à sa conférence (qui par ailleurs avait l’air super barbante). Il avait mieux à faire comme aller casser du chrétien. L’enthousiasme de Tommy pourrait d’ailleurs coûter cher à Farik avec ses vidéos de propagande islamiste qu’il veut diffuser sur le web.

Darwyn lui aussi retourne dans sa famille que l’on découvre tout ce qu’il a de plus normal. Cela contribue à humaniser encore plus le personnage même s’il commence à faire un peu trop boy scout avec son air de bon fils attentionné pour sa mère. Mais comme pour Tommy, cela permet de voir d’où Darwyn vient. Apparemment il ne ment pas à Gayle quand il parle de sa mère et de son père et l’explication sur les différentes formes d’Islam est très intéressante sans pour autant faire cours de religion musulmane. Par contre, on peut se demander dans quelle mesure Darwyn ne compromet pas sa mission en allant voir sa famille. Cela pourrait également les mettre en danger. C’est également le cas avec Gayle, même si là Darwyn trouve toujours de quoi se couvrir. Il ment d’ailleurs le plus naturellement du monde, sans la moindre hésitation. Heureusement me direz vous, mais je suis tout de même resté bluffé. Il a toujours réponse à tout.

Mais de l’autre côté de cette façade plus ou moins respectable, les préparatifs d’un futur attentat aux produits chimiques se met en place. Et Farik y gagnerait des deux côtés car il fait du profit grâce à sa société de sécurité tout en faisant lui même les attentats. C’est Darwyn qui est de corvée, il est même obligé de boire de l’alcool pour se lier à l’un des employés losers de la firme de produits chimiques pour obtenir ce qu’il veut. Comme quoi les islamistes peuvent prendre quelques largesses avec leur Saint Coran quand le moment s’impose. On voit maintenant toute l’importante de l’achat des chiens dans le dernier épisode. Il était bel et bien question d’un test et le résultat est pour le moins terrifiant. Tout comme la réplique de Farik, “ la prochaine fois ce ne seront plus des chiens à quatre pattes qui seront frappés mais des chiens à deux pattes ”.

C’est donc à nouveau un épisode remarquable pour Sleeper cell. Comme je l’avais dit précédemment, on commence à jouer davantage avec les personnages et les différents stéréotypes de chacun. J’ai d’ailleurs bien aimé la petit scène entre Llija et l’autre prof. On montre extrêmement bien la différence entre serbe et bosniaque. On voit que les plaies sont toujours là et que les deux peuples ne sont pas près de se réconcilier après la guerre de Yougoslavie.

Posté par Tao 28 juin 2008

Après le fiasco de l’Anthrax, Farik doit changer ses plans s’il veut sauver sa tête. C’est la première fois que l’on voit une personne au dessus de Farik, comme quoi lui aussi obéit à un chef tout en gérant sa propre cellule dormante. L’attentat contre le centre commercial est donc mis au placard avant même d’avoir abouti. Il est amusant de voir la différence de traitement entre Sleeper cell et 24. Ici, pas d’explosion ou de morts au sein des terroristes. Tout est davantage plus dans la subtilité. Tellement subtile que l’on se demande vers où on va se diriger maintenant. Les plans de Farik sont toujours très mystérieux et il envoie ses hommes dans des missions très spécifiques qui seraient presque marrantes si on ne savait pas qu’elles ont un but illégal. Ainsi Christian va acheter des chiens, Tommy apprend à conduire un camion, Darwyn commande des pneus bien spécifiques à plusieurs couches et Llija fait le con devant une caméra de sécurité.

L’Anthrax ayant coûté beaucoup d’argent pour rien les Jihad boys ont besoin d’une nouvelle base arrière pour préparer apparemment une attaque encore plus importante. Et pour cela, ils se lient avec un Américain entraînant des Musulmans pour les envoyer se battre en Irak. Ken ayant combattu en Serbie, cela le rapproche de Llija et les différentes anecdotes sont terribles mais également un peu amusantes concernant Tommy. On en apprend un peu plus sur celui ci et sur comment il s’est fait virer de l’armée américaine pour avoir battu son supérieur à coup de casque militaire. Comme le dirait Llija, pour une fois l’armée américaine a pris la bonne décision en le virant. Bien aimé également la façon dont Ken juge ces différentes nouvelles recrues, un peu stéréotypés mais ça donne bien le profil des différents personnages. Christian le dur à cuire, Tommy le barjot, Llija dégageant une grande tristesse. Par contre il n’arrive pas à cerner Darwyn et lui dira même avant de mourir qu’il n’est pas comme les autres. Une chance qu’il soit mort car il aurait pu mettre en danger la mission d’infiltration de l’agent Al Sayeed. Si l’épisode précédent permettait de voir douter Christian, cette fois c’est Llija qui s’oppose à Farik. Certes Ken n’était pas totalement de leur côté mais il avait des convictions tout aussi nobles à ses yeux donc il mérite d’être enterré comme un vrai musulman et non d’être brûlé dans un baril d’essence comme un chien.

Une qui risque de faire tout capoter, c’est bien Gayle. Elle se pose trop de questions et semble bien accrochée à Darwyn. Du coup, elle commence à fourrer son nez là où il ne faut pas. Elle jette un œil au pager de son petit ami s’improvisant plombier et suit sa trace jusqu’à la synagogue. Très suspect tout cela, surtout quand Darwyn revendique clairement son appartenance à la religion musulmane lors d’un dîner avec la sœur de Gayle. Je dois dire, le coup du bacon était à mourir de rire. Darwyn trouve la soupe délicieuse et la sœur lâche qu’elle a ajouté du bacon dedans. Les idées reçues sur les musulmans vont bon train comme le mari pensant que seuls les talibans sont si attachés à la religion. On voit bien le décalage entre les catholiques et les musulmans, ces derniers faisant sans arrêt référence au Coran là où les cathos sont beaucoup moins regardant et rivés sur la moindre ligne de leurs textes sacrés. On voit aussi combien être un bon musulman est important pour Darwyn même s’il pratique le mélange des genres en couchant d’un côté avec Gayle et en priant avec des intégristes de l’autre.

La série continue d’être extrêmement bien maîtrisée, tant dans le fond que dans la forme. Maintenant on connaît davantage les personnages ce qui permet d’apprécier vraiment à fond chaque scène où rien n’est fait au hasard. Si le but est connu, à savoir empêcher un attentat et faire tomber la cellule de Farik, le reste est imprévisible et chaque épisode est une surprise. Une série à la fois intelligente, terriblement efficace, réaliste mais qui arrive malgré tout à rester très divertissante avec un sujet pour le moins sensible.

 

Posté par Tao 21 juin 2008

A nouveau un épisode traitant de la différence entre l’Islam et l’islamisme radical. On insiste même peut être trop sur cet aspect. On fait tout pour nous démontrer quel est le vrai Islam et ça donne un côté trop publicitaire à certains moments où l’on est davantage dans le documentaire. Mais l’ensemble est bien contrebalancé et on évite toute complaisance tant avec les fanatiques du groupe de Farik mais également avec les Américains qu’on ne présente pas comme les grands héros sauveurs de l’humanité mais simplement des hommes tâchant de défendre leur pays. Il est d’ailleurs amusant de voir la réaction de Ray qui, tout en travaillant avec Darwyn, semble avoir une piètre image des musulmans. Il semble à peine croire Darwyn quand celui ci lui dit qu’il ne s’agit pas du même Islam. Ainsi un théologien de la religion musulmane arrive à Los Angeles, cela a le don d’irriter Farik ainsi que Tommy. Christian par contre semble troublé par le discours d’ Abdal Malik et il semble commencer à remettre en question la voie qu’il emprunte. Ce n’est pas la première fois que l’on voit cet aspect chez ce personnage. Dans le groupe c’est clairement le moins ” vertueux ” si on peut dire et se sera peut être celui qui se retournera à un moment ou à un autre contre Farik. Ce dernier a vite fait de remettre Christian dans le droit chemin et utilise le trouble de son ami contre Malik afin de l’assassiner. L’attitude de Tommy à la mosquée était assez forcée et je dirai même assez suspecte. Car s’il fallait se méfier de quelqu’un, ce serait sans doute en premier de ce type ayant quitté les lieux quand on fustige l’action des terroristes. On revient également sur la signification originelle du Djihad qui est davantage une lutte intérieure que extérieure mais aussi sur la célèbre fatwa, sorte d’excommunication version musulmane. Et toujours de façon très paradoxale, on remarque que Llija adore la nourriture kasher. Comme quoi il a beau détester les juifs, il mange pourtant la même chose qu’eux.

La préparation de l’attentat contre le centre commercial se poursuit et pour cela Farik fait à nouveau appel à Eddie le jeune indonésien qu’il envoie au Canada récupérer l’Anthrax avec Llija. J’ai de la peine pour Eddie car il était un gars bien, il n’avait rien demandé à personne et ne semblait pas vraiment en accord avec les thèses de Farik ou de son oncle et il se retrouve embarqué dans cette histoire un peu malgré lui et finira par le payer de sa vie. La récupération de l’Anthrax par les autorités se fait de manière très astucieuse à la frontière américano-canadienne. Et Eddie est malheureusement une victime collatérale nécessaire dont le gouvernement se fiche un peu d’autant plus que là c’est Farik qui se débarrasse de lui.

Darwyn se débrouille pas mal pour éloigner les soupçons de Gayle mais elle ne va sans doute pas en rester là. D’autant que tous les deux poursuivent leur relation de plus en plus intense. Darwyn joue ici avec le feu car il se compromet non seulement aux yeux de Farik mais il prend également des risques pour la propre sécurité de Gayle. Farik ne fera sans doute beaucoup de sentiments si elle venait à compromettre la mission d’une manière ou d’une autre.

Pour l’instant, je dirai que c’est mon épisode préféré et le plus complet de tous. On a de nombreuses intrigues traitées sur un pied d’égalité et chacune est passionnante car elles permettent de développer différentes questions sur les terroristes, l’Islam et les agences fédérales américaines. On connaît mieux les personnages et tout en continuant d’explorer leur psychologie, on reste malgré tout à distance sans louer leurs actions tout en les montrant à l’œuvre. Une sorte de dénonciation par l’action. La série reste pourtant d’une grande sobriété alors qu’elle pourrait se permettre bien plus, étant développé par Showtime, une chaîne câblée. C’est davantage par les thèmes développés que l’audace se fait sentir.

Posté par Tao 21 juin 2008

Voyage à Tijuana pour Farik, Christian et Darwyn mais on est très loin des clichés sur le Mexique des séries pour adolescents. Dans Sleeper cell c’est nettement plus dangereux . On a bien le trafiquant de drogue très typé mais le fond prime sur le forme car on met en évidence les liens entre le terrorisme et le crime organisé sud américain mais également les rivalités entre les différentes organisations criminelles. Ainsi le gros bonnet en question dira à Farik que les Russes les détestent autant qu’eux peuvent haïr les Israéliens. Farik vient ainsi renégocier son accord mais choisit d’utiliser la manière forte afin de garder l’avantage. Le trafiquant en question étant pour le moins peu recommandable. Toute l’intrigue sur la prostitution des enfants est particulièrement dure. S’il n’y a pas directement d’images choquantes, c’est le sujet qui est dérangeant à la limite du reportage journalistique dans son approche. La visite de Darwyn dans le bordel des enfants est abominable, surtout avec les remarques de la maquerelle traitant les gosses comme des objets. Le récit de la jeune adolescente prostituée est également assez cruel, enlevée de sa famille par un gang. Darwyn ne reste pas insensible et demande à Farik de faire cesser cela. Leur confrontation est excellente, ils sont peut être des terroristes mais ils ne sont pas totalement des monstres. Enfin, c’est très relatif mais on voit que l’on essaye de brouiller les cartes au sujet de Farik. Il sert avant tout le Jihad mais mis à part cette partie de sa vie, il est un homme finalement charmant.

Du côté des autorités, celles ci spéculent pour savoir s’il faut ou pas mettre un terme à l’opération suite à la mort de Bobby, Darwyn ayant franchi la limite. C’est assez marrant de voir la réaction des responsables du FBI suite à cela quand on voit la façon dont Jack Bauer assassine à tour de bras dans 24. On n’est clairement pas dans la même série. On se doutait bien que l’infiltration n’allait pas en rester là et l’histoire est relancée grâce à un petit tour de passe passe. Un gars impliqué dans les attentats de Madrid a appelé Farik mais apparemment aussi deux autres cellules dormantes sur la côte est des Etats Unis. L’attentat en préparation à Los Angeles ne serait pas une action isolée mais bel et bien un plan global bien plus grand. Darwyn étant le seul pouvant en apprendre plus, on le laisse en place. Un peu comme un jouet que l’on prend ou que l’on jette. On remarquera également l’inquiétude d’une des femmes de la réunion quand elle apprend que Darwyn est lui même musulman. La suspicion est de mise.

Parlant de soupçon, Gayle va peut être commencer à en avoir. Darwyn lui fait une première fois faux bond lors de l’épisode précédent. Dans celui ci elle va le voir à son travail et on lui apprend qu’il a pris une semaine de congés. Ça, ce n’est vraiment pas bon. Elle va commencer à mettre son nez dans les affaires de Darwyn et elle va certainement créer des problèmes ou se mettre carrément en danger. Heureusement elle est moins boulet que Kim Bauer ne l’était mais il faudra faire gaffe avec ce personnage.

En l’absence de leur chef, Tommy et Llija se conduisent comme de parfaits américains pour se fondre dans la masse. Si c’est le cas de Llija qui drague et va à une soirée tektonik, Tommy commence par contre à merder. Il essaye d’avoir une réduction pour l’achat de sa voiture en prétextant qu’il est musulman comme le vendeur et puis il téléphone à sa mère pour lui demander de l’argent. N’avait il pas pourtant dit que sa mère était une emmerdeuse ? On voit ici tout l’hypocrisie de ses soit disant musulmans. Ils détestent l’Amérique mais ça ne les empêche pas d’être tout aussi matérialiste que George W. Bush. D’ailleurs si on sait que Darwyn et Farik n’ont pas touchés à la fille payée par Félix, on ignore ce que Christian a fait. Connaissant un peu le personnage du frenchy, on peut imaginer qu’il ne s’est pas fait prier pour coucher avec une mineure d’âge.

Bilan : Un excellent épisode dénonçant avec intelligence la prostitution enfantine mais également les liens du terrorisme avec d’autres organisations criminelles. La série est toujours bluffante de réalisme et n’a pas peur de traiter des sujets assez complexes. Le tout sans être une série excessivement violente. Les scènes chocs sont savamment dosées renforçant ainsi le réalisme du terrorisme feutré ne se montrant au grand jour uniquement le jour où ça explose.

Posté par Tao 21 juin 2008

Après un épisode pilot magistral et bluffant, ce deuxième épisode est un peu moins bien réussi. La faute à plusieurs grosses ficelles et énormités. La principale étant pour moi le peu de discrétion des personnages. Je pense au moment où Darwyn et Tommy parlent de leur action en plein milieu de la cafétéria du centre commercial. Il y a un mec juste derrière Tommy, à moins de deux mètres et il semble ne rien entendre ce qui est assez curieux. J’ai trouvé cela assez énorme. Idem lorsque Farik va voir le jeune étudiant. Il y a des gens dans la salle de sport, leurs paroles résonnent à fond mais personne ne semble s’en préoccuper. Cela dit ça reste de qualité et ces petites erreurs n’entravent pas la poursuite du récit.

L’épisode se centre sur la mise en place du futur attentat dans un centre commercial. On nous explique intelligemment toutes les étapes et le rôle de chacun des participants. Christian, Llija tous ont un rôle bien précis dans cette opération. Mais une place est désormais manquante depuis la mort de Bobby et Farik tente de recruter un nouveau membre, un étudiant en micro biologie. Une rencontre très peu discrète comme je l’ai dit. L’étudiant est prêt à l’aider mais jusqu’un certain point. Sa bataille a lui se situe autre part, en Indonésie. C’est assez effrayant de voir le respect entre ces deux hommes. Chacun servant la cause à sa manière.

On remarquera au passage qu’il ne s’agit pas d’une mission kamikaze. Ils prennent tous leurs précautions pour n’être ni attrapés ni tués. Visiblement cet attentat à l’Anthrax ne serait qu’une partie du plan de Farik. J’aime bien tout cet aspect répétition car on voit vraiment avec quelle facilité ils mettent cela en place. Tommy drague l’une des vendeuses pour savoir quel est le jour le plus bondé par exemple.

D’ailleurs, il est beaucoup question de Tommy dans cet épisode. On commence à mieux le connaître et sous son apparence passe partout il est certainement l’un des plus dangereux. Après avoir formé une équipe avec Bobby lors du premier épisode, Darwyn est souvent associé avec Tommy ce qui lui vaut d’être mis dans une mauvaise position et cela par deux fois. La première c’est évidemment cette filature très peu discrète pouvant mettre la vie de Darwyn en danger car le van est très vite repéré par le blondinet. On voit à quel point la vie de Darwyn tient seulement à un fil, il dépend totalement des autres et si ceux ci ne font pas bien leur travail c’est lui qui en payera les pots cassés. Il y a une vraie différence entre le Darwyn du groupe et le Darwyn hors de sa couverture. A l’intérieur, il ne laisse absolument rien percevoir de sa peur mais une fois sorti on peut constater qu’il est beaucoup moins zen. Là, c’est une vraie subtilité dans le jeu de Michael Ealy. Avec Gayle, on peut dire qu’il est entre les deux mais pas question évidemment de griller sa couverture, cela la mettrait elle et son fils en danger. Je me demande malgré tout s’il ne va pas lui parler de tout à un moment ou à un autre. Le petit rendez vous qui tourne court faisait très soap mais cela montre que la cause est une fois de plus la chose la plus importante.

La deuxième moment où Darwyn est mis mal à l’aise c’est évidemment quand Tommy lui parle de sa mère qui pourrait devenir un obstacle. Tuer un membre du groupe c’est quelque chose mais tuer une civile innocente c’est très différent. Je me demande jusqu’où Darwyn ira. On apprend donc que Tommy vient finalement d’une famille assez normale et aux revenus assez conséquents, sa mère étant prof à l’université de Berkeley. Il n’a donc pas vécu dans un foyer pronant l’islamisme radicale et pourtant il a à un moment basculé. On en revient à nouveau à cette idée de toujours se fondre dans la masse comme ça avait été présenté dans le pilot. Ainsi Farik s’occupe d’un équipe de base ball junior et il bosse dans une entreprise spécialisée dans la sécurité. Il parle du Hollywood bowl. Cela pourrait être la cible finale.

La fin au centre commercial est davantage rythmée, on est plus dans une mise en scène à la ” 24 ” et j’ai bien aimé cette façon de faire monter la pression pour finalement crier à une fausse alerte. Une répétition test était clairement nécessaire car Farik ne fait rien au hasard. On reste donc dans le très bon, même si c’est un moins subtil que le pilot. La série reste en tout cas passionnante en montrant l’envers du décor d’une catastrophe annoncée.

Posté par Tao 21 juin 2008

Avec Sleeper cell, c’est une autre vision du terrorisme qui est montrée, moins hollywoodienne comme peut le faire une série comme 24 heures chrono. Sleeper cell ou en français cellule dormante nous entraîne dans un terrorisme plus feutré, plus insidieux mais certainement plus proche de la réalité. La série tente même le pari osé de séparer Islam et terrorisme à une époque où l’amalgame est bien souvent de rigueur. On y fait la différence entre musulman et islamiste. Tout en mettant en vedette des terroristes, la série tente de nous réconcilier avec l’Islam en nous montrant que être musulman ce n’est pas faire sauter des bombes au nom d’Allah. Tout cela, on le voit à travers le yeux de Darwyn Al Sayeed, un musulman, agent infiltré dans une cellule dormante de Jihad. Intelligemment, on ne nous dit pas tout de suite qu’il s’agit d’un agent sous couverture. On aurait d’ailleurs pu faire durer le suspense plus longtemps, ça aurait crée un malaise plus grand et une surprise plus importante, mais il faut bien fixer le point de départ de l’histoire.

A ses côtés ou de l’autre côté selon la façon de voir les choses, on retrouve un groupe finalement très hétéroclite composé d’hommes ayant des raisons de haïr le Diable que représente l’Amérique car la loi de l’homme ne compte pas, seule celle de Dieu a de l’importance. Pour Darwyn cela n’est pas le vrai Islam, le vrai dieu châtie seulement ceux qui font le mal intentionnellement, en toute conscience et non par distinction de religion ou de race. Au cours de cet épisode pilot, il y a souvent de genre de petits dialogues bien utiles pour nous rappeler dans quel sens va la série. Elle n’est pas une série anti musulman mais avant tout une série anti islamiste. Cela est fait de manière très intelligente, très subtile. Et j’ai été impressionné par la force de ce tout premier épisode. Par son message radicalement différent, loin de la caricature et loin du grand spectacle. En même temps, Sleeper cell est une série de Showtime, une chaîne du câble ayant produit Dead like me ou Queer as folks. Le public visé n’est donc pas le même que celui de la Fox.

L’alter ego de Darwyn, c’est le charismatique Farik. On le prend parfois pour un juif, pour un perse, un arabe d’Afrique du nord. Mais il est avant un islamiste radical et visiblement dangereux et très bien informé. Pourtant, on ne le dirait pas en le voyant dans son costume sur mesure, son ton charmeur, un vrai séducteur. Il donne l’impression d’un type sympa et c’est sans doute là son arme la plus dangereuse. Le diable a un visage d’ange. Et Oded Fehr est impressionnant dans ce rôle. Un petit bonjour à Cetnat du forum de Serieslive à ce sujet.

Evidemment quand on pense à une série sur le terrorisme, on imagine une série violente ce qui n’est pas le cas ici comparé à 24 heures chrono. Sleeper cell prend le contre pied. La violence étant davantage suggérée. On montre l’après coup à la télévision comme l’attentat au Quatar. Farik n’y a peut être pas participé directement (quoi que ?) mais il était précisément au courant de ce qui allait se passer. Ce qui nous donne des indices sur le genre de personnage qu’il est. Même chose pour Darwyn, on lui demande de suivre une jeune fille musulmane et quelques jours plus tard, il voit aux infos qu’elle a été assassinée. Le motif est simple, celle ci était une infidèle car elle sortait avec un jeune américain. L’hypocrisie vis à vis des femmes est assez incroyable car on taquine simplement Darwyn de s’être tapé Gayle. On ne présente pas non plus Darwyn comme quelqu’un de tout blanc, il se pose lui même des questions d’ordre moral. Le Coran interdisant les relations sexuelles en dehors du mariage. Ironiquement Gayle lui rappelle que c’est la même chose chez les catholiques mais à la différence le péché originel n’existe pas dans l’Islam, on y naît pur. Autrement dit le message serait que l’Islam est plus tolérant. Un discours que l’on entend rarement dans les journaux télévisés.

La seule scène réellement plus dure arrive seulement à la fin, la scène de la lapidation du traître. L’effet est un peu facile c’est vrai, on se doute que Darwyn ne sera pas si rapidement découvert. Mais on voit assez vite où l’on veut en venir, c’est une sorte de test pour Farik. Voir jusqu’où Darwyn peut aller. Un test réussi avec brio. Mais comme le dit Darwyn, Bobby n’était pas un traître, il a simplement été imprudent, il s’est un peu trop vanté. Le prix a payer est néanmoins le même.

Véritable épisode coup de poing, le pilot de Sleeper cell est en tout point remarquable, fort et allant à l’encontre de tous les préjugés. Un casting efficace, un scénario impressionnant car il change de tout ce qu’on a pu voir sur le sujet en mettant en vedette les terroristes pour mieux dénoncer leurs actions. Un pari sans doute dangereux mais diablement efficace. C’est sans doute pour cela que la série s’est totalement ramassée ce dimanche sur la Deux en Belgique. Un sujet trop sensible pour certains, pas assez de spectacle pour les autres. De mon côté, je continuerai à suivre la série, mais les articles arriveront après la fin de la saison 6 de 24 heures chrono histoire de ne pas mélanger les genres.

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