Posté par Tao 3 déc 2009
sleeper cell saison 2Les choses sont en train de changer dans Sleeper Cell. L’arrivée d’Hamid fait passer l’opération à un autre niveau. C’est un épisode important car les gentils de l’histoire perdent le contrôle de la situation et les islamistes avancent dangereusement dans leurs objectifs. Darwyn est très vite mis sur la touche. Les entretiens à huit clos ne laissent pas beaucoup de place au doute. Le groupe se méfie de Darwyn sans pour autant le montrer. Mina est pour le moins explicite en lui faisant ni plus ni moins ces adieux après l’avoir remercié de l’avoir aidé avec son patron.

Cette fille est complètement tarée. Je crois que c’est la plus fanatisée du groupe. Les autres personnages ont leurs failles alors que Mina croit dure comme fer à la cause qu’elle défend car elle n’a rien à perdre. Elle est une vraie énigme. Elle est particulièrement douce avec les enfants de sa patronne et elle les considère comme les siens. Ça ne l’empêche pas d’être une fanatique religieuse. (more…)

Posté par Tao 11 nov 2009

sleeper cell saison 2Avec ce troisième épisode, je ne peux m’empêcher de me dire que la saison 2 de Sleeper cell est désormais lancée et elle promet d’être encore plus dangereuse car les nouveaux attentats en préparation impliquent ni plus ni moins une attaque nucléaire. Darwyn joue plus que jamais avec le feu et risque d’y perdre son âme et sa vie. Je ne serai d’ailleurs pas surpris si cette saison 1 se terminait de façon très pessimiste.

Pour survivre, Darwyn doit lutter de tous les côtés. A la fois contre le groupe terroriste et aussi contre le FBI qui lui met des bâtons dans les roues. Si Russel est un mec chiant, on comprend néanmoins ses réticences à aider Darwyn à se procurer des explosifs pouvant raser une partie de la ville. Il est pris entre sa hiérarchie et son agent infiltré et il tente du mieux qu’il peut de peser le pour et le contre. Il ne me semblait pas que la saison  1 insistait à ce point sur le rôle de l’agent de liaison. La série continue de me surprendre par sa grande intelligence. (more…)

Posté par Tao 27 oct 2009

sleeper cell saison 2Un peu plus d’un an après la première diffusion de la saison 1, la saison 2 de Sleeper cell arrive sur la RTBF. Ça promet une nouvelle vague d’angoisse avec cet American terror comme est sous titrée la saison 2.

Il aurait été facile de repartir sur une autre mission en gommant plus ou moins les événements de la saison 1. Sleeper cell n’ayant jamais fait dans la facilité, il n’y a rien de surprenant à voir les personnages gérer les conséquences de l’attentat raté au stade. Et en premier Farik, le charismatique leader de la cellule dormante est toujours présent et devrait jouer un rôle important y compris depuis les murs de sa cellule. (more…)

Posté par Tao 21 août 2008

Le grand jour approche et les derniers préparatifs se mettent en place. Les Djihad boys volent le Phosgène et font la connaissance d’un sympathique camionneur. Celui ci sympathise avec Tommy et essaye de lui faire retrouver la raison car il est le seul américain blanc du groupe et certainement le plus atypique. Le parcours du camionneur est intéressant et représente en quelque sorte l’opinion d’une certaine Amérique loin des bureaucrates de Washington mais cela ne suffira pas à éloigner Tommy de sa sainte mission. On insiste d’ailleurs sur l’intériorisation des croyances chez Tommy, montrant ainsi qu’il n’est pas un simple pantin manipulé mais que ses expériences personnelles l’ont poussés là où il est aujourd’hui. La société serait elle responsable ? Christian pose lui un bilan très réaliste de son action lors du coup de téléphone à sa femme que l’on découvre enceinte. Il est conscient de ce qu’il fait, qu’on le traitera de monstre, il pense d’ailleurs en être un. Mais cela ne le détourne pas de son but. C’est un peu la politique de la terre brûlée. On sait que l’on est sur le mauvais chemin mais on continue d’avancer en détruisant tout sur son passage. Un monologue particulièrement fort et même émouvant mais qui n’en est pas moins terrible.

Quelques heures avant le grand moment, chaque membre prend du bon temps lors d’une dernière soirée de liberté. Christian s’offre une lap dance dans un club de strip tease, Llija va chanter du rap. Ils ne sont finalement pas si différents des “ infidèles ” qu’ils prétendent combattre. Farik fait, lui, face au doute. Sa femme arrive aux USA et lui demande de rester avec elle. Selon Farik c’est la seule personne qui pourrait le faire se détourner de sa mission mais son choix est fait. Le FBI découvre enfin qui est réellement Farik et son parcours. Il a notamment collaboré avec les Américains lors de la première guerre du Golfe, est devenu moudjahidine, il a même rencontré Ben Laden. Cette dernière révélation est un peu too much. On utilise le spectre de Ben Laden qui fait toujours aussi peur. Ce n’est pas vraiment dérangeant mais en y repensant, c’était une info un peu facile pour faire le lien entre Al Quaida et le cellule terroriste que l’on suit.

Tout le monde se pose des questions et en particulier Darwyn qui assiste à la mort suffocante du camionneur, servant de test pour l’opération. Darwyn a beau être un agent sous couverture, il ne participe pas moins à l’opération de Farik et joue un rôle particulièrement actif permettant de mettre en place cette machine de la mort. Son rôle est de plus en plus ambivalent et on peut se demander jusqu’où il ira le moment venu. Si sur le plan professionnel, cet engagement peut se comprendre, sur le plan religieux et donc personnel le problème moral est d’autant plus grand. En tant que musulman, jusqu’où Darwyn peut il aller sans trahir sa propre foi ? Car il prie son dieu avec ces terroristes ce qui selon moi est quelque chose au fond de très intime. Comme je le dis pour la télé réalité “ regarder ce type de programme c’est le cautionner ”, dans le même genre, prier avec des terroristes n’est il pas d’une façon cautionner ce qu’ils font car on s’en remet à une instance supérieure. Ce sont toutes ses questions qui se bousculent dans la tête de Darwyn vraisemblablement. Car si l’opération du FBI échoue, ce sera comme s’il avait réellement aidé les terroristes car il a tout fait sauf semblant.

En parlant de l’attentat, on sait enfin de quoi il s’agit et toutes les pièces du puzzle se mettent en place. La cible est un stade de base ball plein à craquer. Le symbole même de l’Amérique profonde et familiale. Après un tel massacre de masse, on peut imaginer l’impact à long terme sur la population en plus des milliers de morts. L’Amérique osera t’elle retourner dans ses stades après ? D’autant plus que deux autres cellules préparent le même attentat dans deux autres villes.

Un épisode avant le final de la saison 1, on peut déjà faire un bilan de la série. Celle ci a réussi a parler du terrorisme et de l’Islam sans amalgame et cela avec une sobriété étonnante. Sleeper cell n’est pas une série violente dans ses images mais n’en reste pas moins impressionnante par sa manière de parler d’un sujet difficile, complexe et même polémique. Car faire accepter une série mettant en vedette un groupuscule terroriste n’a sans doute pas dû être facile et pourtant l’équipe derrière la série y a réussi avec brio. Bref une série intelligente où l’on montre ce que la production US peut faire de mieux à l’heure actuelle. Que peut on attendre du final ? Je dirai sans doute un peu plus d’action, je ne serai d’ailleurs pas surpris si tout finissait mal, ça cadrerait parfaitement avec le style de la série.

Posté par Tao 28 juin 2008

Après le fiasco de l’Anthrax, Farik doit changer ses plans s’il veut sauver sa tête. C’est la première fois que l’on voit une personne au dessus de Farik, comme quoi lui aussi obéit à un chef tout en gérant sa propre cellule dormante. L’attentat contre le centre commercial est donc mis au placard avant même d’avoir abouti. Il est amusant de voir la différence de traitement entre Sleeper cell et 24. Ici, pas d’explosion ou de morts au sein des terroristes. Tout est davantage plus dans la subtilité. Tellement subtile que l’on se demande vers où on va se diriger maintenant. Les plans de Farik sont toujours très mystérieux et il envoie ses hommes dans des missions très spécifiques qui seraient presque marrantes si on ne savait pas qu’elles ont un but illégal. Ainsi Christian va acheter des chiens, Tommy apprend à conduire un camion, Darwyn commande des pneus bien spécifiques à plusieurs couches et Llija fait le con devant une caméra de sécurité.

L’Anthrax ayant coûté beaucoup d’argent pour rien les Jihad boys ont besoin d’une nouvelle base arrière pour préparer apparemment une attaque encore plus importante. Et pour cela, ils se lient avec un Américain entraînant des Musulmans pour les envoyer se battre en Irak. Ken ayant combattu en Serbie, cela le rapproche de Llija et les différentes anecdotes sont terribles mais également un peu amusantes concernant Tommy. On en apprend un peu plus sur celui ci et sur comment il s’est fait virer de l’armée américaine pour avoir battu son supérieur à coup de casque militaire. Comme le dirait Llija, pour une fois l’armée américaine a pris la bonne décision en le virant. Bien aimé également la façon dont Ken juge ces différentes nouvelles recrues, un peu stéréotypés mais ça donne bien le profil des différents personnages. Christian le dur à cuire, Tommy le barjot, Llija dégageant une grande tristesse. Par contre il n’arrive pas à cerner Darwyn et lui dira même avant de mourir qu’il n’est pas comme les autres. Une chance qu’il soit mort car il aurait pu mettre en danger la mission d’infiltration de l’agent Al Sayeed. Si l’épisode précédent permettait de voir douter Christian, cette fois c’est Llija qui s’oppose à Farik. Certes Ken n’était pas totalement de leur côté mais il avait des convictions tout aussi nobles à ses yeux donc il mérite d’être enterré comme un vrai musulman et non d’être brûlé dans un baril d’essence comme un chien.

Une qui risque de faire tout capoter, c’est bien Gayle. Elle se pose trop de questions et semble bien accrochée à Darwyn. Du coup, elle commence à fourrer son nez là où il ne faut pas. Elle jette un œil au pager de son petit ami s’improvisant plombier et suit sa trace jusqu’à la synagogue. Très suspect tout cela, surtout quand Darwyn revendique clairement son appartenance à la religion musulmane lors d’un dîner avec la sœur de Gayle. Je dois dire, le coup du bacon était à mourir de rire. Darwyn trouve la soupe délicieuse et la sœur lâche qu’elle a ajouté du bacon dedans. Les idées reçues sur les musulmans vont bon train comme le mari pensant que seuls les talibans sont si attachés à la religion. On voit bien le décalage entre les catholiques et les musulmans, ces derniers faisant sans arrêt référence au Coran là où les cathos sont beaucoup moins regardant et rivés sur la moindre ligne de leurs textes sacrés. On voit aussi combien être un bon musulman est important pour Darwyn même s’il pratique le mélange des genres en couchant d’un côté avec Gayle et en priant avec des intégristes de l’autre.

La série continue d’être extrêmement bien maîtrisée, tant dans le fond que dans la forme. Maintenant on connaît davantage les personnages ce qui permet d’apprécier vraiment à fond chaque scène où rien n’est fait au hasard. Si le but est connu, à savoir empêcher un attentat et faire tomber la cellule de Farik, le reste est imprévisible et chaque épisode est une surprise. Une série à la fois intelligente, terriblement efficace, réaliste mais qui arrive malgré tout à rester très divertissante avec un sujet pour le moins sensible.

 

Posté par Tao 21 juin 2008

Avec Sleeper cell, c’est une autre vision du terrorisme qui est montrée, moins hollywoodienne comme peut le faire une série comme 24 heures chrono. Sleeper cell ou en français cellule dormante nous entraîne dans un terrorisme plus feutré, plus insidieux mais certainement plus proche de la réalité. La série tente même le pari osé de séparer Islam et terrorisme à une époque où l’amalgame est bien souvent de rigueur. On y fait la différence entre musulman et islamiste. Tout en mettant en vedette des terroristes, la série tente de nous réconcilier avec l’Islam en nous montrant que être musulman ce n’est pas faire sauter des bombes au nom d’Allah. Tout cela, on le voit à travers le yeux de Darwyn Al Sayeed, un musulman, agent infiltré dans une cellule dormante de Jihad. Intelligemment, on ne nous dit pas tout de suite qu’il s’agit d’un agent sous couverture. On aurait d’ailleurs pu faire durer le suspense plus longtemps, ça aurait crée un malaise plus grand et une surprise plus importante, mais il faut bien fixer le point de départ de l’histoire.

A ses côtés ou de l’autre côté selon la façon de voir les choses, on retrouve un groupe finalement très hétéroclite composé d’hommes ayant des raisons de haïr le Diable que représente l’Amérique car la loi de l’homme ne compte pas, seule celle de Dieu a de l’importance. Pour Darwyn cela n’est pas le vrai Islam, le vrai dieu châtie seulement ceux qui font le mal intentionnellement, en toute conscience et non par distinction de religion ou de race. Au cours de cet épisode pilot, il y a souvent de genre de petits dialogues bien utiles pour nous rappeler dans quel sens va la série. Elle n’est pas une série anti musulman mais avant tout une série anti islamiste. Cela est fait de manière très intelligente, très subtile. Et j’ai été impressionné par la force de ce tout premier épisode. Par son message radicalement différent, loin de la caricature et loin du grand spectacle. En même temps, Sleeper cell est une série de Showtime, une chaîne du câble ayant produit Dead like me ou Queer as folks. Le public visé n’est donc pas le même que celui de la Fox.

L’alter ego de Darwyn, c’est le charismatique Farik. On le prend parfois pour un juif, pour un perse, un arabe d’Afrique du nord. Mais il est avant un islamiste radical et visiblement dangereux et très bien informé. Pourtant, on ne le dirait pas en le voyant dans son costume sur mesure, son ton charmeur, un vrai séducteur. Il donne l’impression d’un type sympa et c’est sans doute là son arme la plus dangereuse. Le diable a un visage d’ange. Et Oded Fehr est impressionnant dans ce rôle. Un petit bonjour à Cetnat du forum de Serieslive à ce sujet.

Evidemment quand on pense à une série sur le terrorisme, on imagine une série violente ce qui n’est pas le cas ici comparé à 24 heures chrono. Sleeper cell prend le contre pied. La violence étant davantage suggérée. On montre l’après coup à la télévision comme l’attentat au Quatar. Farik n’y a peut être pas participé directement (quoi que ?) mais il était précisément au courant de ce qui allait se passer. Ce qui nous donne des indices sur le genre de personnage qu’il est. Même chose pour Darwyn, on lui demande de suivre une jeune fille musulmane et quelques jours plus tard, il voit aux infos qu’elle a été assassinée. Le motif est simple, celle ci était une infidèle car elle sortait avec un jeune américain. L’hypocrisie vis à vis des femmes est assez incroyable car on taquine simplement Darwyn de s’être tapé Gayle. On ne présente pas non plus Darwyn comme quelqu’un de tout blanc, il se pose lui même des questions d’ordre moral. Le Coran interdisant les relations sexuelles en dehors du mariage. Ironiquement Gayle lui rappelle que c’est la même chose chez les catholiques mais à la différence le péché originel n’existe pas dans l’Islam, on y naît pur. Autrement dit le message serait que l’Islam est plus tolérant. Un discours que l’on entend rarement dans les journaux télévisés.

La seule scène réellement plus dure arrive seulement à la fin, la scène de la lapidation du traître. L’effet est un peu facile c’est vrai, on se doute que Darwyn ne sera pas si rapidement découvert. Mais on voit assez vite où l’on veut en venir, c’est une sorte de test pour Farik. Voir jusqu’où Darwyn peut aller. Un test réussi avec brio. Mais comme le dit Darwyn, Bobby n’était pas un traître, il a simplement été imprudent, il s’est un peu trop vanté. Le prix a payer est néanmoins le même.

Véritable épisode coup de poing, le pilot de Sleeper cell est en tout point remarquable, fort et allant à l’encontre de tous les préjugés. Un casting efficace, un scénario impressionnant car il change de tout ce qu’on a pu voir sur le sujet en mettant en vedette les terroristes pour mieux dénoncer leurs actions. Un pari sans doute dangereux mais diablement efficace. C’est sans doute pour cela que la série s’est totalement ramassée ce dimanche sur la Deux en Belgique. Un sujet trop sensible pour certains, pas assez de spectacle pour les autres. De mon côté, je continuerai à suivre la série, mais les articles arriveront après la fin de la saison 6 de 24 heures chrono histoire de ne pas mélanger les genres.