The killing : 1.13 Orpheus descending
Qui a tué Rosie Larsen ? Shocking, le leitmotiv de la saison n’aura pas été résolu à la grande frustration des fans. La vague de protestation a été telle (bienvenue dans la planète Twitter), la production de la série a dû se confondre en excuses et déclarer que la saison 2 révélerait l’identité du meurtrier. Un peu facile comme réaction face à la levée de boucliers. Repartir sur une nouvelle piste serait douteux, les possibilités les plus crédibles étant épuisées. Laissons leur le bénéfice du doute. Après une saison 1 presque parfaite se serait moche de jeter le bébé avec l’eau du bain.
Une fin bouclée aurait été la meilleure solution, j’en conviens. Une affaire, une saison et on passe à la suite. Mais en dérogeant aux codes de la logique, The killing s’inscrit d’autant plus comme une série à part des autres. Réfléchissons deux secondes rationnellement, reproche t’on à Fringe ses cliffhangers renversants de fin de saison ? La réponse paraît évidente, The killing n’a donc pas commis le moindre crime. On est tellement habitué à avoir tout, tout de suite, la moindre frustration provoque un tollé général. Dans ce cas, le problème ne vient pas de la direction prise par la série, mais du public.
Où c’est plus contestable, c’est de n’avoir rien résolu du tout. C’est se ficher du public ayant suivi la série avec passion. Rendez vous compte, on n’est pas plus avancé aujourd’hui. Les personnages restent toujours aussi insondables et les mystères demeurent. A part la famille Larsen brisée, on n’a rien vécu et on l’impression d’avoir finalement brassé du vide durant 13 épisodes. A défaut de résoudre l’énigme, on pourrait se consoler par de bons portraits de personnages et c’est là aussi un constat ahurissant. On ne les connaît pas. Qui est au fond Rosie Larsen ? Un fantôme hantant vaguement la série, sans réelle présence. La série aura néanmoins installé une ambiance pluvieuse envoûtante.
Mais ce cliffhanger, c’est un putain de cliffhanger. A titre personnel, je préfère la situation actuelle à un simple Darren Richmond coupable. Cette conclusion aurait été trop ennuyeuse. Richmond endosse parfaitement le costume de victime émissaire, complétant sa panoplie de Bobby Kennedy junior. Mais la tentation sera grande de le garder en vie pour l’année prochaine. Depuis le départ, Holder n’avait pas été net, la série a réussi à nous le faire aimer. Il est toujours pour moi le meilleur personnage de la série et le lier à cette sombre histoire le rend encore plus énigmatique, en plus de changer considérablement la donne pour la saison 2. Donnant par là un motif à Linden de revenir/ rester à Seattle.
La saison 1 fait dès lors office de longue introduction à la saison 2 où les relations entre les personnages seront pleinement définies. Et c’est là la vraie frustration de The killing. On croyait dur comme fer à une résolution claire et définitive. S’être fait avoir, ça fait mal et ça fait du bien aussi. Je voudrais être en colère contre The killing et je ne le suis pas. Ce final est finalement très efficace en prenant le contre pied auquel on pouvait s’attendre.
Article original paru sur mon nouveau blog ID-series.com
14:07
“Repartir sur une nouvelle piste serait douteux, les possibilités les plus crédibles étant épuisées.”
C’est exactement ça le problème, plus que la non-résolution ! A ce stade, comme tu dis, ils sont obligés de lancer de nouvelles pistes, ce qui serait bien “douteux” en effet, vu que ce qui reste n’est plus tellement crédible.
Finalement, on a l’impression d’avoir survolé personnages et enquête, et c’est terrible puisqu’après tout, la série se voulait différente des copshow habituels hors cette sorte de froideur, elle est très présente dans les cop show. Le réalisme, c’est aussi rendre vrai, rendre crédible, et surtout rendre présent (ce qui pour moi est essentiel à toute oeuvre < le sentiment de présence), or ici, le contrat n’est pas tellement rempli (sauf peut-être dans l’épisode stand alone qui est très réussi). Je suis donc plutôt d’accord avec ta critique !
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12:41
“Où c’est plus contestable, c’est de n’avoir rien résolu du tout. C’est se ficher du public ayant suivi la série avec passion.”
Si les auteurs de The Killing se fichent du public, dans ce cas, que dire de ceux de Lost ou de X-Files concernant la mythologie ?
Certaines personnes lisent 13 chapitres d’un bouquin et voudrait déjà arriver à la fin. Si le voyage -i.e. le visionnage- est si terrible que cela, autant descendre du train de suite, non ?
Et bien, en ce qui me concerne, je trouve le voyage très plaisant pour l’instant. Peut-être serais-je très déçu de la suite, mais je n’aurais jamais l’impression d’avoir perdu mon temps, car pour moi, il n’y a pas que le résultat final qui compte.